DUBAÏ, 4 février - Des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran doivent se tenir vendredi à Oman, où plusieurs sessions de discussions ont déjà eu lieu au sujet du programme nucléaire de Téhéran, alors que Washington laisse planer la menace d'une intervention militaire contre la République islamique.
Selon un responsable de la région, l'Iran a demandé à ce que les pourparlers initialement prévus en Turquie se tiennent à Oman parce qu'il souhaite que ceux-ci soient limités au dossier nucléaire, alors que les États-Unis entendent y inclure les questions des missiles balistiques de Téhéran ainsi que son soutien militaire à ses "proxies" régionales, comme le Hezbollah libanais ou les Houthis yéménites.
Les autorités iraniennes ont présenté leur programme de missiles balistiques comme une "ligne rouge" lors des négociations, présentant ces armes comme indispensables à la sécurité du pays. Elles ont menacé les États-Unis et leurs alliés d'une sévère riposte en cas d'attaque.
Les tensions restent élevées dans la région, où l'armée américaine a abattu mardi un drone iranien au-dessus de la mer d'Oman, tandis que des bateaux iraniens se sont approchés d'un navire battant pavillon américain dans le détroit d'Ormuz, poussant à la hausse les cours du pétrole.
Donald Trump a menacé l'Iran de "graves" conséquences s'il ne conclut pas d'accord avec les États-Unis. "Nous sommes en train de négocier avec eux", a-t-il dit mardi aux journalistes à la Maison blanche.
Selon une source au fait du dossier, l'émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et son gendre, Jared Kushner, devraient participer aux pourparlers avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi.
Les ministres de plusieurs pays de la région, notamment le Pakistan, l'Arabie saoudite, le Qatar, l'Égypte et les Émirats arabes unis, ont également été invités par Washington, mais le responsable régional a déclaré que Téhéran insistait pour que les discussions se déroulent au niveau bilatéral.
Donald Trump avait menacé l'Iran de représailles lors de la répression meurtrière des manifestations antigouvernementales début janvier mais il semble avoir renoncé depuis à tenter de renverser le régime iranien, exigeant simplement de ce dernier des concessions sur son programme nucléaire.
Selon le responsable régional, les deux pays souhaitent désormais favoriser une désescalade, aucun des deux n'ayant vraiment intérêt à un conflit armé qui pourrait déstabiliser l'ensemble de la région.
(Tuvan Gumrucku et Michael Georgy ; version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

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